L’ère du vibreur serait-il bientôt totalement révolu ? C’est, en tout cas, ce que suggèrent les chercheurs canadiens de la Queen’s University regroupés au sein du Human Media Lab. Une équipe y a mis au point un prototype de smartphone d’un genre nouveau. Voici venu le temps du MorePhone.

Un smartphone qui fait de grands signes

En réunions ou dans les espaces publics, il est d’usage de mettre son téléphone en mode discret, silencieux ou vibreur, pour ne pas déranger. Avec le MorePhone, ces précautions se révèleront totalement superflues. La discrétion, ce smartphone nouvelle génération en fait son affaire.

Un SMS, une notification, un appel ? L’appareil va plutôt faire signe à son propriétaire en changeant temporairement de forme, sans faire de bruit. L’intensité du mouvement effectué pouvant être réglée pour signifier un événement plus ou moins urgent. Le concept dépasse largement l’idée de certains constructeurs de lancer des modèles à écrans souples, qui n’en est encore qu’à la phase de recherche, soit dit en passant.

Chez Human Media Lab, les annonces ont vite été suivies de preuves tangibles. Les participants à la Conférence ACM SISGCH du 19 avril dernier, consacrée à l’interaction homme-ordinateur, ont eu le loisir de découvrir le prototype en question. L’esprit de la conférence étant, cette année, de changer les perspectives, ce nouveau produit ne pouvait choisir meilleure occasion pour commencer à faire parler de lui.

La mobilité électrophorétique comme technologie de support

L’affichage électrophorétique est au centre de la technologie qui confère au MorePhone ses capacités pour le moins impressionnantes. Son écran flexible et ultrafin est fabriqué par une firme britannique possédant des compétences bien assises dans l’électronique plastique. Des milliers de particules à mémoire de forme sont intégrées sous cet écran issu de l’expertise de Plastic Logic. Les mouvements réalisés par le smartphone découlent des paramètres activés depuis chaque coin dudit écran.

Les avantages de cette technologie résident notamment dans sa capacité à réduire le nombre de fois où les utilisateurs manquent une notification. Les alternatives actuelles se révèlent parfois défaillantes quand le propriétaire du téléphone est pris dans une activité exigeant son attention au moment où l’un des signaux discrets s’enclenche.

Bientôt sur le marché ?

La question qui émerge tout naturellement est de savoir si la vulgarisation de ce mobile est de l’ordre de l’envisageable et à quel terme ? Le directeur du laboratoire initiateur du projet est optimiste à ce propos. Selon lui, un délai de 5 à 10 ans est totalement réaliste pour la mise sur le marché de ce type de produit. Ce qui aurait facilement passé pour de l’utopie, il y a encore quelques années, pourrait donc intégrer le quotidien des utilisateurs plus vite qu’ils ne le pensent.

L’équipe en charge du pilotage de ce projet d’avant-garde a été dirigée par le Dr Riek Vertegaal du département Informatique. Il a été secondé par deux étudiants, à savoir Antonio Gomes et Andrea Nesbitt. Ils étaient naturellement de la partie à la présentation du prototype à Paris, au sein du Palais du Congrès.